L’artisanat palestinien,
au-delà des frontières.
Depuis 2018, Palestinement crée depuis la Palestine un lien direct entre les artisans et commerçants palestiniens et celles et ceux qui, partout dans le monde, souhaitent acheter palestinien.
Depuis la Palestine. Par les Palestiniens. Pour les Palestiniens.

Tout a commencé dans la Vieille Ville de Jérusalem.
Habituellement, les ruelles de la Vieille Ville de Jérusalem (Al Quds) sont remplies de touristes. Ils défilent, en groupes, dans les souks, et photographient étals et commerçants pour garder un souvenir de ce Jérusalem « authentique » qu’ils sont venus chercher à des milliers de kilomètres de chez eux.
Le décor banal d’une destination touristique. Mais pourtant, quand on s’y attarde un peu, on peut remarquer quelque chose de frappant: les boutiques palestiniennes sont toutes vides.
Les commerçants et les artisans tentent bien de faire entrer quelques touristes dans leurs magasins, de leur montrer leurs créations, d’obtenir un peu de leur attention. Mais l’immense majorité continue son chemin… Ceux qui s’arrêtent se limitent souvent à prendre une photo, avant de repartir.
Un tourisme dont les Palestiniens sont tenus à l’écart.
En fait, c’est tout un système invisible à l’œil d’un touriste de passage. Il faut interroger ceux qui en payent le prix chaque jour pour réellement comprendre. C’est ce que nous avons fait.
La Vieille Ville de Jérusalem est située à Jérusalem-Est, sous occupation israélienne depuis 1967. Pour y travailler, les guides touristiques doivent être homologués par les autorités israéliennes, assurant ainsi un narratif contrôlé auprès des touristes.
Ces guides ne dirigent leurs groupes que vers des boutiques israéliennes. Ce sont des boutiques avec lesquelles les guides sont partenaires, aux prix exorbitants, et où ils reçoivent des commissions. Ils ont donc tout intérêt à ce que les touristes ne comparent pas les prix. Mais cela va plus loin : les visiteurs sont mis en garde contre les Palestiniens et leurs commerces, présentés comme manipulateurs, menteurs ou dangereux. Les guides prétendent faussement qu’acheter chez des Palestiniens peut être assimilé à financer le « terrorisme ». Ainsi, il leur est déconseillé d’acheter chez eux, voire même de leur parler.
En conséquence, certains commerçants palestiniens — qui vivent déjà un quotidien humiliant sous occupation — adaptent leur manière de se présenter aux touristes. Certains, par exemple, utilisent un autre prénom, à consonance plus juive ou simplement plus ambiguë, afin de ne pas révéler immédiatement leur identité palestinienne ou musulmane.
Les Palestiniens font ainsi partie de ce que les touristes viennent voir à Jérusalem, tout en étant écartés de l’économie générée par ce tourisme.



À Jérusalem, un commerce est aussi une présence.
Cette injustice n’est qu’un exemple d’un système oppressif beaucoup plus large dont sont victimes les Palestiniens de Jérusalem-Est. Invisible pour les touristes, c’est en vivant sur place que nous avons pu en comprendre l’ampleur.
Depuis des décennies, les politiques publiques successives de la ville ont volontairement rendu la vie des Palestiniens de Jérusalem pratiquement impossible. Impossibilité de construire, démolitions de maisons, crise du logement, fiscalité lourde, absence de services publics, difficultés économiques, manque d’infrastructures, discriminations sur le marché de l’emploi, précarité du statut de résident, … tout est mis en œuvre pour organiser une déportation silencieuse et invisible des Palestiniens hors de leur capitale.
Quand une boutique est contrainte de fermer dans la Vieille Ville de Jérusalem, ce n’est pas seulement un commerce qui met la clé sous la porte. À Jérusalem, maintenir une présence palestinienne est un combat de tous les jours. C’est une histoire parfois transmise depuis plusieurs générations qui s’arrête, une famille qui perd sa source de revenus, un savoir-faire qui disparaît et un espace palestinien de plus perdu au profit d’Israéliens, facilitant ainsi la judaïsation de la Vieille Ville.
Le Covid, puis la guerre, ont encore aggravé cette réalité en faisant disparaître les touristes pendant de longues périodes.
Nous n’avions pas la prétention de pouvoir tout changer. Mais nous avons choisi d’agir à notre échelle : aider un commerce à rester ouvert, permettre à un artisan de continuer à vivre de son travail, trouver ailleurs les clients qu’il n’avait pas ici.
En 2018, lorsque Palestinement a commencé, nous n’avions ni réseau de dizaines d’artisans, ni boutique internationale, ni grand projet.
Au départ, il s’agissait simplement d’en aider un.

À Jérusalem, un commerce est aussi une présence.
Cette injustice n’est qu’un exemple d’un système oppressif beaucoup plus large dont sont victimes les Palestiniens de Jérusalem-Est. Invisible pour les touristes, c’est en vivant sur place que nous avons pu en comprendre l’ampleur.
Depuis des décennies, les politiques publiques successives de la ville ont volontairement rendu la vie des Palestiniens de Jérusalem pratiquement impossible. Impossibilité de construire, démolitions de maisons, crise du logement, fiscalité lourde, absence de services publics, difficultés économiques, manque d’infrastructures, discriminations sur le marché de l’emploi, précarité du statut de résident, … tout est mis en œuvre pour organiser une déportation silencieuse et invisible des Palestiniens hors de leur capitale.
Quand une boutique est contrainte de fermer dans la Vieille Ville de Jérusalem, ce n’est pas seulement un commerce qui met la clé sous la porte. À Jérusalem, maintenir une présence palestinienne est un combat de tous les jours. C’est une histoire parfois transmise depuis plusieurs générations qui s’arrête, une famille qui perd sa source de revenus, un savoir-faire qui disparaît et un espace palestinien de plus perdu au profit d’Israéliens, facilitant ainsi la judaïsation de la Vieille Ville.
Le Covid, puis la guerre, ont encore aggravé cette réalité en faisant disparaître les touristes pendant de longues périodes.
Nous n’avions pas la prétention de pouvoir tout changer. Mais nous avons choisi d’agir à notre échelle : aider un commerce à rester ouvert, permettre à un artisan de continuer à vivre de son travail, trouver ailleurs les clients qu’il n’avait pas ici.
En 2018, lorsque Palestinement a commencé, nous n’avions ni réseau de dizaines d’artisans, ni boutique internationale, ni grand projet.
Au départ, il s’agissait simplement d’en aider un.
Alors, nous avons commencé par en aider un.
Il s’appelle Sa’ad.
Nous le connaissions de nos précédents voyages en Palestine. Sa boutique était colorée, pleine d’objets traditionnels en tout genre et emblématique de la Vieille Ville de Jérusalem. Il créait tout de ses mains.
Son quotidien nous a frappés: du talent, des créations magnifiques, une boutique au cœur de l’une des villes les plus visitées au monde… et presque aucun touriste qui franchissait sa porte.
Alors, nous lui avons proposé quelque chose : essayer de vendre quelques-unes de ses créations en ligne.
Sa’ad a tout de suite accepté, sans aucune attente particulière. Si ça fonctionnait, tant mieux. Sinon, tant pis.
Pour ceux qui s’en souviennent, nous avons commencé avec des porte-clés et des boucles d’oreilles ornés de pierres semi-précieuses. On achetait ses créations uniques, on les photographiait chez nous pour les mettre au mieux en valeur, puis on les publiait sur Instagram.
On n’avait ni site internet, ni équipe, ni aide, ni expérience. Les commandes se faisaient par message privé. Puis on les envoyait par la poste.
Et puis nous avons acheté un carnet.
Un petit carnet pour noter chaque commande à la main. Je me souviens du jour où je l’ai acheté : ça avait fait sourire mon mari et mon beau-père de me voir m’organiser à ce point pour un projet qui venait à peine d’être lancé.
Petit à petit et grâce à vous, les pages se sont remplies. Les clients étaient satisfaits, ont parlé de notre initiative autour d’eux et commencé à demander d’autres produits.
Quelques années plus tard, ce petit carnet dont on souriait au départ était entièrement rempli.
Palestinement était né.


Puis, Palestinement a grandi.
Les clients ont commencé à demander d’autres produits : bijoux, broderies, vêtements, épices… des produits qu’ils avaient vus en Palestine ou rêvaient de pouvoir acheter directement d’ici.
Nous avons alors arpenté la Vieille Ville à la recherche de nouveaux produits, artisans et commerçants. À travers les expositions, les rencontres et le bouche-à-oreille, notre réseau s’est étendu en Cisjordanie et même à Gaza.
Partout, le même obstacle : avoir du talent ou de beaux produits ne suffisait pas pour atteindre le reste du monde.
Des merveilles qui ne pouvaient pas franchir les frontières.
À cette époque, vendre à l’international était impossible pour les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza.
Pas de PayPal, de Stripe, de paiement par carte ou de virements, ni de système de livraison internationale.
Artisans et commerçants se retrouvaient ainsi limités au marché local, alors qu’à quelques milliers de kilomètres, des personnes cherchaient précisément à acheter ce qu’ils proposaient.
Ils n’avaient pas besoin qu’on leur apprenne à créer ou à vendre. Ils avaient besoin de pouvoir atteindre leurs clients.
C’est là que Palestinement a trouvé sa véritable raison d’être.
Nous pouvions créer le lien qui manquait.
Trouver les artisans, les commerçants et les produits, aller à leur rencontre, acheter directement auprès d’eux — sans négocier leurs prix afin qu’ils puissent tirer le maximum de leur travail — avancer l’argent et organiser l’acheminement jusqu’à nous.
Puis vient toute la partie invisible : photographier et mettre en valeur les produits, raconter leur histoire, créer les contenus, trouver les clients, gérer commandes et paiements, emballer, expédier à l’international et assurer le SAV.
C’est toute cette chaîne que Palestinement prend en charge.
Pour permettre aux artisans de se concentrer sur leurs créations, aux commerçants de faire vivre leurs boutiques et à leurs produits d’arriver jusqu’à vous.
D’un côté, des artisans et commerçants palestiniens avec des produits à vendre.
De l’autre, des personnes qui veulent réellement acheter palestinien.
Entre les deux : Palestinement.


Vous faire parvenir un produit palestinien n’est pas si simple.
Derrière une commande passée sur Palestinement se cache un parcours peu ordinaire.
Nous récupérons les produits directement chez nos partenaires ou nous organisons leur acheminement par des services de livraison locaux jusqu’à nous. Mais sous occupation, rien n’est sûr ni prévisible.
L’armée d’occupation peut décider arbitrairement de fermer un checkpoint, barrer une route, bloquer une livraison ou saisir une marchandise.
Et bien souvent, le problème n’est pas le produit lui-même mais ce qu’il représente.
Quand une carte de Palestine suffit à faire confisquer une commande.
C’est déjà arrivé à l’une de nos commandes.
Le colis contenait des vêtements, dont certains portaient une carte de la Palestine. Pourtant même sous occupation ce n’est pas illégal.
Au checkpoint, l’armée israélienne a contrôlé le livreur et confisqué toute la marchandise. Un numéro de téléphone lui a été remis afin que nous puissions appeler pour tenter de récupérer les produits.
Bien sûr, appeler signifiait nous identifier auprès de l’armée israélienne, avec le risque d’être battus et emprisonnés.
Nous avons donc fait une croix sur ces produits et en avons racheté les articles avec un système de livraison différente.
En Palestine, afficher la Palestine peut devenir un risque.
Cette pression est constante à Jérusalem.
Dans la Vieille Ville, les forces d’occupation mènent régulièrement des opérations d’intimidation dans le souk, notamment pour menacer de poursuites et d’emprisonnement les commerçants qui exposent des produits liés à la Palestine : une carte, un drapeau, ses couleurs, un slogan ou simplement un symbole.
Et ces menaces ne restent pas toujours des menaces.
L’un des imprimeurs avec lesquels nous travaillons a fait directement les frais des forces d’occupation. Pour avoir imprimé des cartes de la Palestine — pas destinées à Palestinement — son atelier a été entièrement détruit. Il a été emprisonné et son fils a eu les deux bras cassés.
Voilà pourquoi, pour un commerçant palestinien, posséder ou exposer certains produits représente un véritable risque.
Certains de nos artisans ne les conservent donc plus dans leur boutique. Ils les cachent ailleurs, par crainte d’une descente.
Derrière eux se trouvent pourtant des matières premières, des heures de travail et parfois des stocks entiers devenus impossibles à vendre. Nous essayons donc de vendre ces produits en priorité, afin que l’artisan ne perde ni son travail ni l’argent qu’il y a investi.
Continuer malgré l’occupation.
L’occupation israélienne est un obstacle constant dans notre activité. Elle influence notre manière de travailler, de communiquer, de circuler, de choisir nos partenaires et nos produits, de nous faire livrer ou encore de les exposer.
Notre travail consiste aussi à trouver constamment une alternative : une autre route, un autre moyen d’acheminement, une autre manière de vendre.
L’objectif reste le même : ne pas laisser les restrictions imposées par l’occupation israélienne couper les artisans et commerçants palestiniens de leurs clients.

Gaza faisait aussi partie de cette histoire.
À Gaza aussi, nous avons pu proposer les créations d’artisans à l’international.
Faire sortir quelques créations de Gaza.
C’était plus compliqué, évidemment, compte tenu du blocus israélien imposé depuis 2006. Mais nous avons tout de même réussi à créer un passage.
Au début, on demandait à des humanitaires de transporter avec eux de petites quantités de produits. Plus tard, des services de livraison se sont développés.
C’était cher. C’était lent. C’était compliqué.
Mais leurs créations arrivaient à sortir de Gaza.
Puis, en octobre 2023, tout a basculé.
Depuis octobre 2023, la guerre et le génocide à Gaza ont rendu toute activité impossible. Nos artisans ont été déplacés, leurs ateliers détruits et leurs vies bouleversées par les bombardements et les destructions.
Nous ne recevons donc plus de créations de Gaza. Nous espérons le jour où nos artisans pourront à nouveau vivre en sécurité, reconstruire, créer et faire voyager leur travail.


Palestinement aujourd’hui.
Ce qui a commencé avec quelques bijoux ramenés à pied à la maison pour être photographiés est devenu un réseau de dizaines d’artisans, créateurs et commerçants palestiniens.
Bijoutiers, brodeuses, couturiers, artistes, artisans du bois, de la nacre ou de la céramique, graphistes, mais aussi commerçants proposant leurs propres gammes de produits : derrière chaque article vendu sur Palestinement, il y a une activité palestinienne, une personne, une famille ou un commerce.
Certains produits sont fabriqués artisanalement en Palestine. D’autres sont vendus par des commerçants palestiniens, même lorsqu’ils ont été fabriqués ailleurs.
Dans les deux cas, notre objectif reste le même : faire vivre directement l’économie palestinienne.
Et malgré les années, notre manière de travailler a peu changé.
Nous allons toujours à leur rencontre.
Nous entrons dans leurs boutiques, visitons leurs ateliers, découvrons leurs nouvelles créations et choisissons directement avec eux ce que nous voulons vous proposer.
Certains sont là depuis les débuts. D’autres nous ont rejoints au fil des rencontres et du bouche-à-oreille.
Mais le principe reste le même : pas de catalogue impersonnel, pas de dropshipping, pas d’intermédiaires à répétition, pas de fausse promesse générique de « don à la Palestine ».
Nous achetons directement auprès d’eux. Et surtout, nous savons qui votre achat soutient.
Et vous, dans tout ça ?
Acheter sur Palestinement, ce n’est pas simplement acheter un produit venu de Palestine.
C’est choisir de faire vivre une initiative palestinienne construite sur place, permettre à des familles de vivre de leur travail, à des commerces de continuer à exister et à des traditions artisanales de continuer à se transmettre.
C’est aussi choisir des produits de qualité, singuliers, porteurs d’un savoir-faire, d’une culture ou d’une histoire que l’on ne trouve pas partout.
Et surtout, votre achat a un impact réel sur le quotidien des personnes avec lesquelles nous travaillons.
Derrière une commande, il y a de l’argent qui arrive directement dans la caisse d’un commerçant ou entre les mains d’un artisan. De quoi acheter des matières premières, payer les dépenses du quotidien, faire tourner une boutique et continuer à vivre de son travail sur sa terre.
Nous l’avons vu au fil des années : vos commandes changent réellement le quotidien d’artisans, de commerçants et de leurs familles.
Vous devenez, vous aussi, un maillon de cette résistance.
L’occupation israélienne entrave les déplacements, les échanges et l’accès des Palestiniens au reste du monde.
Notre travail consiste, à notre échelle, à continuer malgré tout à créer ce lien.
L’artisan crée. Le commerçant ouvre sa boutique. Nous nous chargeons de trouver un passage. Et vous, vous permettez à cette chaîne d’aller jusqu’au bout.
Acheter palestinien devient alors une manière concrète de contourner l’isolement voulu par l’occupant: permettre à une économie de continuer à vivre, à des commerces palestiniens de rester ouverts et à leurs produits de circuler. C’est une manière concrète de résister.
Chaque commande qui arrive chez vous signifie que, quelque part en Palestine, une personne a pu continuer à vendre malgré les obstacles placés sur son chemin.
Et que, quelque part dans le monde, quelqu’un a choisi de ne pas laisser la Palestine être coupée du reste du monde.

















